ind_enteteÉditions Anthroposophiques Romandes
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Extrait de « Santé et maladie », GA 348,  14e conférence (13 janvier 1923)

Il n’y a donc pas de technique qui permette cela [fabriquer de la viande]. Mais en somme, ce que l’on ne peut pas faire techniquement se fait dans le corps de l’animal. C’est tout simplement de la viande qui est produite dans le corps de l’animal. Mais les forces nécessaires à cette opération doivent d’abord se trouver dans le corps. Parmi toutes les forces techniques dont nous disposons, ils n’en est pas qui permettent de transformer des végétaux en viande. Nous n’en avons pas. Notre corps ainsi que le corps de l’animal contiennent donc des forces capables de transformer des substances végétales, des matières végétales en matières carnées.

Considérez maintenant une plante. En voici une [c’est un crocus]. Elle se trouve encore dans un pré ou dans un champ. Jusqu’à présent les forces ont agi, elles ont fait pousser des feuilles vertes, des baies etc. Supposez maintenant qu’une vache mange cette plante. Une vache ou un bœuf qui mange cette plante la transformera en chair. Cela signifie que le bœuf possède des forces en lui qui lui permettent de transformer cette plante en chair.
Imaginez qu’il prenne au bœuf l’envie de se dire : j’en ai assez de me promener et de ne faire qu’arracher ces herbes. Un autre animal pourrait le faire pour moi. Je vais de ce pas manger cet animal! Voyons, le bœuf se mettrait donc à manger de la viande! Il est pourtant capable de fabriquer lui-même de la chair! Il dispose de forces le lui per­mettant. Que se produirait-il donc si au lieu de végétaux le bœuf se mettait à manger de la viande? Toutes les forces qui pourraient produire de la chair en lui se trouveraient donc désœuvrées. Prenez n’importe quelle fabrique devant produire une chose quelconque, et supposez que vous ne produisiez rien mais que vous mettiez toute la fabri­que en marche – imaginez un peu le gaspillage de force qu’il pourrait y avoir. Une force considérable serait donc gaspillée. Or Messieurs, la force qui est gaspillée dans le corps de l’animal ne peut pas se dissiper comme ça. Le bœuf déborde de cette force; elle fait en lui autre chose que transformer en matières carnées les matières végétales. Cette force demeure, elle est bien là. Elle agit autrement en lui. Et ce qu’elle fait produit en lui toutes sortes de déchets. Au lieu de chair, ce sont des substances nuisibles qui sont fabriquées. Le bœuf se remplirait donc de toutes les matières nuisibles possibles s’il se mettait soudain à être carnivore. Il se rem­plirait notamment d’acide urique et d’urate.
Or l’urate a quant à lui des habitudes particulières. Les habitudes particulières de l’urate sont d’avoir un faible pour le système nerveux et le cerveau. Si le bœuf mangeait directement de la viande, il en résulterait une sécrétion d’urate en énorme quantité, l’urate irait au cerveau et le bœuf deviendrait fou. Si nous pouvions faire l’expérience de nourrir tout un troupeau de bœufs en leur donnant soudain des colombes, nous obtiendrions un troupeau de bœufs complètement fous. C’est ainsi que cela se présente. Malgré la douceur des colombes, les bœufs deviendraient fous.
Voyez-vous, une telle chose contredit bien entendu le matérialisme car si les bœufs ne man­geaient que des colombes, ils devraient devenir aussi doux que des colombes, si seule comptait l’action de la matière – s’il y a une chose qu’ils ne font pas, c’est bien celle-là, ils deviennent au con­traire des êtres terriblement fougueux et enragés. ...

 

Extrait de Réincarnation et Karma GA 135 ; Notions nécessaires du point de vue de la science moderne
D’où vient l’âme ?

Au 17e siècle, le naturaliste Francesco Redi passa aux yeux des penseurs qui donnaient le ton pour un dangereux hérétique : il prétendait que les animaux les plus primitifs, eux aussi, étaient le fruit d’une reproduction. Il échappa de justesse au sort qui fit de Giordano Bruno et de Galilée des martyrs. Car à cette époque, le savant respectueux des croyances admises pensait que les vers, les insectes et même les poissons naissent spontanément de la vase inerte. Redi n’affirmait rien d’autre que ce qui est aujourd’hui

 Extrait du calendier PRO-NATURA

généralement admis, à savoir que le vivant ne peut naître que du vivant. Il a commis le péché qui consiste à découvrir une vérité deux siècles avant que la science ne trouve les « preuves indubitables » qui l’établissent. Depuis Pasteur, aucun doute n’est plus possible aujourd’hui : on était tout simplement dans l’illusion lorsqu’on croyait que des êtres vivants pouvaient naître par génération spontanée à partir des substances inertes. Les germes doués de vie qui avaient pé­nétré dans ces substances échappaient à l’observation. Par des procédés sûrs, Pasteur empêche qu’ils ne s’introduisent dans ces substances où à l’ordinaire se forment de minuscules être vivants – et il n’y apparut pas la moindre trace de vie. Le vivant ne naît donc que d’un germe doué de vie, et Redi avait parfaitement raison.
L’anthroposophe est aujourd’hui dans une situation analogue à celle du penseur italien. Ce qu’il connaît l’amène à dire de l’âme ce que Redi disait du vivant. Il lui faut déclarer : ce qui est de l’âme ne peut venir que de l’âme. Et si la science poursuit dans la direction où elle s’est engagée depuis le 17e siècle, le temps viendra aussi où d’elle-même, elle adhérera à cette manière de voir. Car il faut toujours le souligner : la conception anthroposophique repose au­jourd’hui exactement sur la même démarche de pen­sée que l’affirmation des savants selon laquelle les insectes, les vers et les poissons ne naissent pas de la vase, mais de germes vivants. Et elle énonce cet axiome : « Toute âme naît du psychique » dans le même esprit et avec la même signification que le naturaliste le sien : « Tout ce qui est vivant naît du vivant. » ...